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Brouillon de culture québécoise
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Brouillon de culture québécoise

Sous-titre

:
Pour une démocratie authentique
Guy Durand

Description

Valeurs, droits, laïcité, euthanasie, culture religieuse, avortement, paradis fiscaux, élections, équilibre des pouvoirs, école privée


«La démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres», a dit Churchill. C’est faux, évidemment ! Mais c’est dire combien elle est fragile et combien elle a toujours besoin d’ajustements, de réformes et d’enracinement. Cette exigence repose sur l’action de politiciens voués au bien de la population et sur l’implication active des citoyens et citoyennes. «Le monde est dangereux à vivre, a dit Albert Einstein, non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.» Refusant le cynisme et le fatalisme, l’auteur analyse diverses questions d’actualité sociales et politiques, et propose des éléments de solution. Utopiques? Pourquoi pas!

Professeur émérite de l’Université de Montréal, Guy Durand est théologien et juriste spécialisé en éthique.


Entrevue avec Guy Durand

Qui êtes-vous Guy Durand?
Théologien (Maîtrise de UdeM, Doctorat de Lyon, France), juriste (LL. L), soucieux des sciences humaines et spécialisé en éthique. Tout d’abord axé sur l’éthique chrétienne à la Faculté de théologie de l'UdeM, mon travail d'enseignement et de recherche s’est graduellement orienté vers la bioéthique ou l’éthique médicale et infirmière (Faculté de médecine et FES); puis, ces dernières années, sur l’éthique sociale et politique. J'ai écrit de nombreux livres sur ces différents sujets. Plus d'une vingtaine.
    Je suis professeur émérite de l’Université de Montréal, membre honoraire de la Faculté de médecine. J'ai été directeur fondateur du DESS multidisciplinaire en bioéthique qui a mené au doctorat dans cette matière.

Vous avez dit juriste?
Oui, j'ai fait le cours de droit à l'Université de Montréal et passé les examens du Barreau du Québec, mais je ne suis pas membre de la Corporation. Je n'ai jamais pratiqué  le droit, mais j'ai travaillé avec des avocats dans divers comités et la question des rapports entre éthique et droit m'a toujours grandement intéressé.

Qu'est-ce qui vous a amené à écrire ce livre?
Devant ce qui se passe à la Chambre des communes et à l'Assemblée nationale, devant ce qu'on entend à la Commission Charbonneau, devant ce que rapportent les journaux, de plus en plus de gens sont tentés par le cynisme. Je n'en suis personnellement pas là. Je suis plutôt indigné. Ma réaction est de contribuer à construire une société plus humaine, plus juste, plus démocratique, plus harmonieuse, voire plus ouverte à l'humanisme (intégral), incluant l'éthique et même le spirituel… en présentant divers éléments de réflexion sur des sujets proches de l'actualité.
Je suis particulièrement frappé par ce jugement d'Albert Einstein: «Le monde est dangereux à vivre non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire». Participer, interpeller, proposer, dénoncer, manifester, voire désobéir, voilà autant d'actions civiques nécessaires en ce temps, comme toujours.

À qui adressez-vous ce livre?
Ce livre veut interpeller l'ensemble de la population, mais surtout les dirigeants politiques et leurs conseillers, les journalistes et les faiseurs d'opinion. Il pourrait servir aussi au Cégep, notamment pour le cours Éthique et politique.

Éléments de réflexion, avez-vous dit?
Oui. Le livre propose des analyses  de questions d'actualité et des éléments de solution concrets, mais cherche avant tout à clarifier des notions courantes et les concepts de base.
    Je m'inspire évidemment de certains de mes derniers livres, mais aussi de plusieurs textes d'opinion que j'ai envoyés à divers journaux, sans qu'ils fussent  toujours reproduits.

Pourquoi avoir choisi ce titre surprenant?
Justement parce qu'il est surprenant. Le titre renvoie à la notion générale de culture, notamment à la dimension sociale et politique, et non à son axe littéraire. Le mot brouillon veut évoquer un bouillonnement d'idées, divers jalons de cette culture… un peu comme une courte pointe en chantier. Je n'ai pas la prétention d'être complet et exhaustif.

De quoi parlez-vous au juste?
Je commence par  la question  tellement débattue depuis quelque temps: les valeurs québécoises et la laïcité. Il y a des mots à éclaircir, comme Valeur et Droit. Encore davantage, celui de valeurs québécoises, que j'essaierai d'ailleurs d'identifier. Puis, la notion de laïcité et celle de culture, culture chrétienne, dont je tâche d'expliciter le contenu. J'essaie d'être concret et pratique.
    La deuxième partie porte sur les exigences de la vie démocratique: notion, distinction des pouvoirs, élection statutaire, vote proportionnel, ligne de parti, clause nonobstant, désobéissance civile, etc.

La démocratie! Vous ne pensez-pas que le sujet est usé?
Pas du tout. Vous connaissez la boutade de Churchill? «La démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres ». C’est faux, évidemment ! Mais c’est dire combien elle est fragile et combien elle a toujours besoin d’ajustements, et de réformes… de la part de politiciens voués au bien de  la population et de l'implication active de citoyens et  citoyennes. Je veux faire ma part, voire proposer des éléments concrets de solution.Utopiques? Pourquoi pas !
    La troisième et dernière partie du livre porte sur cinq questions concrètes de l’ordre de la santé, de l’éducation et des finances publiques. À savoir : les soins de fin de vie et l’avortement, le rapport écoles privées/écoles publiques et le cours d’Éthique et culture religieuse, les paradis fiscaux.

Pouvez-vous nous dévoiler quelques-unes de vos lignes directrices?
Bien sûr. En suivant un peu la structure du livre.
    La notion de valeur – valeurs transcendantales et objectives – prime celle de droit et fonde justement les droits et responsabilités. Les droits de la personne ne sont pas qu'individuels, mais incluent des droits collectifs. Aucun n'est d'ailleurs absolu et illimité. Les droits de la personne ne se limitent pas, non plus, à ceux inscrits dans les chartes. La notion de laïcité ne doit pas servir à toutes les sauces: il y a des exigences de la vie sociale qui reposent sur d'autres valeurs, comme l'égalité, la sécurité, l'intégrité physique. La notion de laïcité par ailleurs n'est pas une notion univoque, mais un concept analogique, une notion polyvalente qui admet des modèles variés, liés à l'histoire et à l'identité des pays. Le rapport État-Église, en effet, peut être conçu et appliqué de diverses manières. Il doit tenir compte des droits individuels, mais aussi de l'histoire et de la culture de la population. De fait, aucun pays laïc moderne ne présente le même modèle. Le meilleur est celui qui est ajusté à la collectivité dont il vise à favoriser l'identité et le développement. Au Québec, cela implique que la laïcité tienne compte de la tradition et culture chrétienne. Je ne dis pas la foi chrétienne, mais la tradition et la culture.

Et à propos de la démocratie?
J'insiste sur la distinction des pouvoirs, ce qui entraîne la légitimité de la clause nonobstant. Je favorise l'instauration du vote proportionnel selon une formule simple: à chercher l'idéal, on retarde indéfiniment la réforme.
    Et à propos des cinq sujets concrets de la troisième partie, j'insiste sur la distinction entre morale/éthique et droit. La loi ne doit pas reprendre la morale, encore moins une morale particulière, mais ne pas suivre bêtement les mœurs. Je trouve particulièrement cynique, l'argument «On est rendu là». Tout en étant attentive aux valeurs morales, à ce qu'on appelle l'effet des lois sur les mentalités, la loi doit tenir compte des conséquences sociales à moyen et long termes.

Vous pensez que ce livre pourra faire évoluer les choses?
Évidemment. Je fais appel au meilleur de chacun.

Propriétés

Information de base

Paru le:
2014 / 08 / 22

Édition imprimée

Prix:
Prix edition imprimée 11,95 $ CAD
ISBN:
9782762138184

Édition numérique

Prix:
Prix edition numérique 8,99 $ CAD
ISBN ePub:
9782762138207
ISBN PDF:
9782762138191
Pour commander
«La démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous
les autres», a dit Churchill. C’est faux, évidemment ! Mais c’est dire combien elle est fragile et combien elle a toujours besoin d’ajustements, de réformes et d’enracinement.