FIDES



Vient de paraître

Pas tout à fait en Californie

Pas tout à fait en Californie

François Barcelo
Au début des années 1990, Benjamin Tardif, traducteur québécois en vacances, voyage dans le sud des États-Unis au volant d’un vieux Westfalia. Il est accompagné de la femme qu’il aime, Soutinelle Case, et de son encombrant frère, Justin Case, aussi Blanc que sa soeur est Noire. Après avoir traversé le Texas et l’Arizona, notre trio arrive en Californie. Le Westfalia tombe en panne
Le fou de l'île

Le fou de l'île

Félix Leclerc
Un fou, dont la lucidité est dérangeante, prend dans sa main une vieille île qu’il secoue et rajeunit « en lui injectant dans les veines le tourment de la chose qui n’est pas de ce monde ». Après le fabuliste, le conteur, le poète et le chansonnier, voici le romancier. Félix Leclerc évoque un univers où les hommes ne sont jamais aussi rudes qu’ils le laissent croire et la vie, aussi terne qu’on le dit.
Moi, mes souliers

Moi, mes souliers

Félix Leclerc
Dès la première ligne, je me suis dit : « Voilà un homme sympathique ! » Il ne cherche pas à me faire croire qu’il est un monstre sacré [...] il raconte son histoire sans forcer son talent, sans vanité, sans vouloir se faire prendre pour ce qu’il n’est pas : ce qui est le vrai moyen d’écrire un bon livre.
JEAN GIONO
Je me souviens?

Je me souviens?

Jocelyn Létourneau
Parce qu’il conteste une ribambelle d’idées reçues, ce livre sera discuté. À l’encontre de ce que l’on dit, les jeunes Québécois s’intéressent à l’histoire de leur société. Ils sont capables de visions d’ensemble du parcours de leur collectivité – visions politiques soit dit en passant ! Et ils se montrent fiduciaires de l’expérience historique du Nous – ou plutôt des Nous québécois, selon qu’ils sont «anglos» ou «francos».
Jean-Marie Beaudet, l'homme-orchestre

Jean-Marie Beaudet, l'homme-orchestre

Josée Beaudet
Il fut un pianiste de premier plan, prix d’Europe 1929, accompagnateur privilégié et ami du ténor Raoul Jobin, pour ne citer que ce nom.
Il fut un chef d’orchestre doué, fondateur et directeur musical de l’orchestre du Centre National des Arts à Ottawa.
Il fut un pionnier de Radio-Canada, son premier directeur musical pan-canadien, à une époque où la radio était reine et la télé, culturelle...
Précis républicain à l'usage des Québécois

Précis républicain à l'usage des Québécois

Danic Parenteau
Ce précis part d’un constat : il existe au Québec une pratique sociale républicaine fort répandue et enracinée dans l’imaginaire collectif. Pourtant, chez les Québécois, cette aspiration confuse aux idées et aux valeurs de la République ne sait pas dire son nom, faute d’avoir été pensée et théorisée. Pourquoi la pratique républicaine n’a-t-elle jusqu’ici jamais été pleinement assumée par les Québécois eux-mêmes ?
Promenade dans les pensées d’un peintre

Promenade dans les pensées d’un peintre

Pierre Lussier
«Tout n’est-il pas sacré? La pensée, le temps, la nature, une pomme? N’est-ce pas le regard divin posé sur une chose qui la rend sacrée? Et encore, ce regard qui façonne une œuvre avec le souci de rendre heureux que met toujours l’amour dans ce qu’il fait n’est-il pas le seul qui compte? Je connais certains fruits de Chardin qui m’ont fait verser des larmes de tendresse, Chardin qui répondait à un artiste s’enquérant du secret de ses couleurs : “Mais, que me parlez-vous de couleurs? On ne peint pas avec des couleurs, mais avec des sentiments”.»
Pierre Lussier
L'auberge des morts subites

L'auberge des morts subites

Félix Leclerc
Quatre êtres humains morts subitement — une comédienne,
un habitant, un intellectuel et un Anglais —
arrivent un jour à l’Auberge, entre ciel et terre, tenue
par deux archanges et un ancien portier terrestre qui
veulent les déshumaniser. Mais les humains, avec l’aide
de Satan, tentent plutôt de convaincre les anges de
descendre sur terre.
Créée pour la première fois au Gesù, le 24 janvier 1963,
cette comédie satirique est sans doute la plus
réussie des œuvres théâtrales de Félix Leclerc. L’Auberge
des morts subites a connu un grand succès populaire
lors de sa création dans le Québec en mutation du
milieu des années . Une pièce qui fait réfléchir à
l’attachement aux biens terrestres et à ses excès.
Recettes gourmandes

Recettes gourmandes

Jacqueline Lagacé
acqueline Lagacé offre aujourd’hui un livre de recettes plus gourmand et créatif qui prouve qu’une cuisine saine, sans gluten et sans produits laitiers, qui respecte les règles de l’alimentation hypotoxique, peut être l’occasion de véritables fêtes gustatives tout en étant simple d’exécution.
Ailleurs en Arizona

Ailleurs en Arizona

François Barcelo
En 1990, juste après la crise d’Oka, Benjamin ­Tardif poursuit son tour des États-Unis à bord de sa fourgonnette Westfalia. Il est en compagnie de deux drôles d’amis rencontrés Nulle part au Texas: Soutinelle, la jolie Noire dont il est tombé amoureux, et le frère de celle-ci, l’ex-shérif Justin Case.
Le sorcier d'Anticosti

Le sorcier d'Anticosti

Robert Choquette
Ce livre regroupe seize des meilleures légendes québécoises que le poète et romancier Robert Choquette a adaptées des grands auteurs du XIXe siècle. Ces œuvres forment un tableau de l’imaginaire d’un peuple, de ses croyances et de ses superstitions.
Au-delà des visages

Au-delà des visages

André Giroux
Un jeune homme de bonne famille tue une femme, et toute la ville est en émoi. Dans les quelques jours qui suivent le meurtre, l’intrigue se tisse à travers la rumeur urbaine que suscite ce crime.
Contes de Vendredi

Contes de Vendredi

Anne-Marie Cloutier et illustrations de Luc Melanson
Sur l’île de Vendredi, dans la forêt non loin de la Cité, les animaux vivent en paix et dans l’harmonie. Le hibou Caféine, Grand Sage de la forêt, veille sur chacun. Mais le voilà inquiet. Depuis quelque temps, rien n’est plus pareil. Un danger les guette tous, il le sent. L’arrivée soudaine de Biaou, chat siamois en provenance de la Cité, confirme son pressentiment. Citadins et Vendredisiens font l’objet d’une menace. Laquelle?
Les transmissions  familiales aujourd’hui

Les transmissions familiales aujourd’hui

Sous la direction de Myriam Jézéquel et Françoise-Romaine Ouellette
Que voulons-nous transmettre à nos enfants, petits-enfants, beaux-enfants? Que transmettons-nous en réalité de notre histoire, nos valeurs, nos rites?
Voulons-nous d’un monde désincarné?

Voulons-nous d’un monde désincarné?

Jean-Claude Guillebaud
Notre époque comporte des dangers, de nouveaux dangers. Les travaux actuels sur le corps et le développement de l’informatique modifient notre rapport au réel. On rompt avec la matière, avec la «vie vivante», on vit de plus en plus dans le virtuel.
Repères ultimes

Repères ultimes

Georges Hélal
L’époque actuelle connaît des transformations profondes de divers ordres, qui rendent incertaines des valeurs et des croyances qui furent l’apanage d’un passé relativement récent. Cet effritement a des conséquences d’ordres moral et existentiel.
Maurice Le Bel, graveur et peintre

Maurice Le Bel, graveur et peintre

Richard Foisy
Sur une période d’une cinquantaine d’années, Maurice Le Bel (1898-1963) a mené une carrière de graveur, d’illustrateur et de peintre, tout en étant ­professeur de dessin et d’histoire de l’art.
Pierre Gauvreau. Passeur de modernité

Pierre Gauvreau. Passeur de modernité

Pierre Gauvreau
Signataire du manifeste Refus global, peintre d’avant-garde, réalisateur d’émissions de télévision qui ont marquél’enfance de plusieurs générations, auteur des téléromans Le temps d’une paix, Cormoran et Le volcan tranquille et jardinier passionné, Pierre Gauvreau marque sans conteste l’histoire du xxe siècle. Par ses idées, ses convictions et sa vision du monde dont il imprègne avec force tout geste créatif, il contribue à l’avènement du Québec moderne. Pierre Gauvreau ouvre la voie, se fait éclaireur, passeur de modernité. Le présent ouvrage n’a pas de prétentions anthologiques ou de rétrospective, mais il veut rendre compte de la vie et des oeuvres variées et nombreuses de cet artiste remarquable. Complément parfait de l’exposition du Musée de la civilisation « Pierre Gauvreau. J’espérais vous voir ici », le livre Pierre Gauvreau, passeur de modernité vous propose en mots et en images une lecture nouvelle de l’histoire sociale et artistique du Québec.
Remonter le courant

Remonter le courant

Margot Campbell
La comédienne Margot Campbell remonte le courant de ses souvenirs dans un récit de vie captivant et empreint de poésie, de son enfance dans la vallée du Richelieu jusqu’à ses premiers pas sur les planches, ses premiers rôles, sa carrière et sa vie de famille.
Le frère du trapéziste

Le frère du trapéziste

Denis Robitaille
Dans les années 1910, qu’est-ce qui pousse le jeune Joseph Gauthier à quitter la ferme paternelle, au Canada français, et à débarquer un jour sur le vieux continent? Joseph est furieux. Il lui faut mettre tout un océan entre lui et son père qui vient de mourir.
Graphies d'atelier

Graphies d'atelier

René Derouin
Regards et jeux dans l’espace

Regards et jeux dans l’espace

Hector de Saint-Denys Garneau
Dès sa parution, en 1937, Regards et jeux dans l’espace fut salué comme l’une des grandes réussites de la poésie québécoise contemporaine.
La surchauffe de nos agendas

La surchauffe de nos agendas

Christine Lemaire
Votre cœur s’emballe et l’anxiété vous submerge en regardant votre agenda ? Nous considérons souvent notre temps comme un tiroir à remplir à pleine capacité, comme une ressource à exploiter au maximum.
Ce peuple qui ne fut jamais souverain

Ce peuple qui ne fut jamais souverain

Roger Payette et Jean-François Payette
À trois reprises, le peuple québécois a pensé se donner un tel appareil social — avec les Patriotes (1830-1838) et avec le mouvement souverainiste créé par René Lévesque (référendum de 1980 et référendum de 1995) — et à ces trois occasions, des forces contraires se sont employées à l’égarer en le poussant à l’inaction collective, au suicide politique.
Vers une démocratie  désenchantée?

Vers une démocratie désenchantée?

Gilles Lebelle et Daniel Tanguay
Depuis plus de trente ans, le philosophe français Marcel Gauchet explore le destin de la modernité politique. Observateur attentif du phénomène démocratique, il a tenté de saisir plus récemment le sens de la crise contemporaine des démocraties libérales.
Les cent plus beaux poèmes québécois

Les cent plus beaux poèmes québécois

Pierre Graveline
La poésie québécoise est aujourd’hui lue, récitée, appréciée et reconnue dans le monde entier. Cette anthologie invite à la découverte de cette poésie, l’une des plus originales contributions de la culture québécoise à l’imaginaire de l’humanité.
La fille-mère  et le soldat

La fille-mère et le soldat

Odette Mainville
Une histoire digne d’un roman, dira-t-on. Pourtant, c’est l’histoire véritable de Daniel et de Céline, profondément amoureux l’un de l’autre, qui rêvent de se marier. Un faux pas de la belle et leur destin s’en voit radicalement changé.
Thérèse Casgrain

Thérèse Casgrain

Nicolle Forget
Thérèse Casgrain est un formidable personnage qui a traversé presque tout le siècle dernier. On se souvient d’elle surtout pour avoir été la « suffragette en chef » lors de la longue marche des femmes du Québec vers l’obtention du droit de vote.


À paraître

Le bouc du mal - tome 1

Le bouc du mal - tome 1

Thierry Chevillard
Que s’est-il passé quand le ive Reich a vu le jour ? La Bête est sournoise. Ensemence la terre de ses maléfices. Dès que le fruit est mûr, elle se dévoile et asservit le monde. Telle est l’histoire du Carnet noir et de Heinrich Himmler… Un roman d’anticipation à ne pas lire la nuit.
Louis-Antoine Dessaulles 1818-1895

Louis-Antoine Dessaulles 1818-1895

Yvan Lamonde
Louis-Antoine Dessaulles (1818−1895) a connu un destin exceptionnel. Neveu et fils spirituel de Louis-Joseph Papineau, il incarne, non sans contradictions, l’envers de l’histoire connue du Québec. Seigneur, il est pourtant démocrate, républicain et anticlérical.
 ACTUALITÉS
Fides propose dans cet espace « Actualités» un lieu de rencontres possibles entre un livre et des lecteurs.



PRÉCIS RÉPUBLICAIN À L'USAGE DES QUÉBÉCOIS de Danic Parenteau

 


 

Qui êtes-vous Danic Parenteau?

Je suis professeur de philosophie et de science politique au Collège militaire royal de Saint-Jean depuis sa réouverture en 2008. De 2006 à 2008, j’ai été professeur à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa. Je détiens un doctorat en philosophie de l’Université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne).

Parmi mes publications, on compte (avec C.-P. Courtois), l’anthologie Les 50 discours qui ont marqué le Québec (CEC, 2011) et (avec I. Parenteau), Les idéologies politiques. Le clivage gauche-droite (Presses de l’Université du Québec, 2008), qui est devenu une référence dans plusieurs cours d’introduction aux idéologies politiques dans les universités québécoises. En 2010, j’ai également collaboré (avec M. Dumont) à la traduction française de l’ouvrage Philosophie de la crise écologique (Philosophie der ökologischen Krise) du philosophe allemand Vittorio Hösle (Éditions Wildproject et Payot).

En plus de mon travail universitaire, j’accorde une grande importance à contribuer à la vie des idées dans la cité. Aussi, je collabore régulièrement aux revues Argument et L’Action nationale, en plus de signer à l’occasion des textes d’opinion dans Le Devoir.

 

En tant que professeur de philosophie, quelles sont vos influences?

L’auteur qui m’a le plus influencé, et celui à qui j’ai consacré mes travaux de doctorat, est le philosophe allemand G.W.F. Hegel. (1770-1831). Dans sa pensée politique se dégage une place capitale pour les institutions politiques, garantes de la souveraineté et du pouvoir politique. Le républicanisme accorde une importance centrale à cette question des institutions.

 

Qu’est-ce qu’un précis et pourquoi est-ce le meilleur genre pour faire valoir votre propos?

Dans ce précis, je me suis proposé d’offrir au grand public un ouvrage simple et accessible qui puisse éclairer cette pratique républicaine que j’observe chez les Québécois. Il ne s’agissait pas ici de produire un traité ou un ouvrage savant sur ce modèle politique, mais plutôt de rendre accessible le républicanisme aux Québécois afin qu’ils puissent mieux assumer cette pratique.             

 

Donnez des exemples de républicanisme « inconscient » ou, comme vous le dites, qui relèvent de l’imaginaire collectif dans les diverses pratiques québécoises.

L’exemple le plus éclairant est sans doute le rôle de premier plan que les Québécois accordent en général au peuple dans leur représentation du pouvoir politique, suivant le principe de la souveraineté populaire. À leurs yeux, le peuple est capable collectivement d’exprimer une volonté politique qu’il revient à l’État et ses institutions d’incarner. Or, depuis l’adoption de la Charte canadienne des droits et libertés en 1982, laquelle a entraîné un déplacement du pouvoir politique vers les cours de justice au Canada, et au premier chef vers la Cour suprême, les Québécois ont l’impression que la voix du peuple compte de moins en moins dans le présent système politique. En effet, sur de nombreuses questions, par exemple la place de signes religieux dans l’espace public, le français comme langue d’affichage ou l’intégration des nouveaux arrivants, l’opinion des Québécois semble aujourd’hui avoir moins de poids que celle de juges non élus. Du coup, après avoir été consultés à deux reprises, en 1980 et en 1995, au moment de prendre l’une des plus grandes décisions qui soit pour un peuple, celle portant sur son statut politique, les Québécois acceptent mal que, sur ces questions touchant les règles de vie en société, leur voix puisse compter si peu.

 

Quel est l’apport de ce livre dans la connaissance qu’ont d’eux-mêmes les Québécois?

J’espère qu’avec ce précis, les Québécois seront plus à même de prendre conscience de l’influence capitale qu’exerce sur eux le modèle républicain et qu’ils pourront ainsi, revendiquer une pratique politique qui soit plus conforme à ce modèle, en réclamant notamment de pouvoir exercer leur pouvoir constituant.

 

La page couverture du livre fait référence aux couleurs du Parti patriote. En quoi ce dernier inspire-t-il votre thèse ?

Dans l’histoire politique du peuple québécois, le mouvement des Patriotes a constitué un mouvement clairement animé de républicanisme, en ce qu’au cœur de leur action politique on trouvait déjà une proposition de démarche constituante. Ainsi, les Patriotes réclamaient-ils que le peuple bas-canadien se donne des institutions politiques bien à lui, en remplacement de celles imposées par le pouvoir britannique à la suite de la Conquête.

 

Comment ce livre trouve-t-il sa place dans le contexte d’aujourd’hui, quels enjeux de l’actualité rejoint-il?

L’actualité politique récente est remplie d’exemples d’événements marqués du sceau du républicanisme. Pensons par exemple à la Crise des accommodements raisonnables qui secoua le Québec en 2007-2008. Les Québécois ont alors manifesté leur opposition claire à la pratique libérale des accommodements religieux, que lui impose le régime canadien et qui accorde à des juges non élus, le pouvoir de décréter les balises de vie société, qui vont à l’encontre de ce que souhaite le peuple québécois. Pensons également au « printemps érable », où nous avons vu le peuple exprimer son désir de pouvoir décider par lui-même du modèle d’éducation qu’il souhaite se donner. Cette volonté s’est heurtée de plein fouet au régime libéral, qui, fidèle à une approche libérale et technocratique du pouvoir, a préféré laisser les questions touchant l’éducation universitaire à la délibération d’experts et a toujours refusé d’en faire un débat public. Enfin, on ne peut ignorer l’appui dont jouit le récent projet de Charte des valeurs dans l’opinion publique québécoise, qui met notamment de l’avant le principe républicain de laïcité. S’il existe des divisions importantes sur la question spécifique de l’extension de l’interdit de port de signes religieux par les fonctionnaires de l’État, on observe un vaste consensus sur le principe général de la laïcité.

 

À quel lecteur s’adresse le livre Précis républicain à l’usage des Québécois?

Il est destiné à tous ceux qui, dans le grand public, s’intéressent à la vie des idées, à l’avenir du Québec et qui souhaitent que le peuple du Québec puisse enfin vivre plus conformément à la manière dont il a de se concevoir.

 

Mon site web personnel : http://www.parenteau.info/Danic/

 

 



Je me souviens? Le passé du Québec dans la conscience de sa jeunesse
 



C’est quoi une étude ?

 

Une étude est une recherche fondée sur des données recueillies de manière méthodique et analysées de façon rigoureuse en fonction de la démonstration convaincante d’une ou de plusieurs idées.

 

Depuis quand est-elle menée ?

 

C’est entre 2003 et 2013 que les 3 423 énoncés formant la matière de base de l’étude ont été colligés. Il s’agit de l’un des corpus du genre parmi les plus volumineux au monde.

 

Auprès de qui ?

 

Les énoncés ont été obtenus auprès d’élèves de 4e et de 5e secondaire fréquentant des écoles situées dans un grand nombre de régions du Québec. Le corpus inclut également des phrases produites par des cégépiens ainsi que par des étudiants d’universités. Il a été possible de récolter des formules auprès de francophones, d’anglophones et d’allophones.

 

Comment ?

 

L’enquête a été menée en classe de manière anonyme (les répondants n’avaient pas à s’identifier), soudaine (ils n’étaient pas préparés à l’épreuve) et très peu directive (aucune réponse n’était a priori considérée inacceptable ou inadéquate).

 

Pourquoi ?

 

L’étude avait notamment pour objectif de vérifier l’hypothèse selon laquelle les jeunes savent sans connaître. Dit autrement, les jeunes ont des visions fortes du passé du Québec à défaut d’avoir une connaissance pleine de ce qui a été. Si bien que l’ignorance des jeunes n’est pas un vide qu’il faut combler, mais un plein sur lequel on peut intervenir.

Par qui ?

 

Le projet a été conçu par moi. J’ai également initié la recherche et obtenu le financement nécessaire à sa réalisation. Je me suis adjoint une équipe de collaborateurs formée d’étudiants à la maîtrise ou au doctorat qui ont assumé différents travaux d’assistanat. Je tiens à souligner la contribution majeure de Raphaël Gani dans ce cadre. Plusieurs enseignants ou professeurs ont aussi aidé à la cueillette de données en acceptant de soumettre leurs élèves ou étudiants à l’enquête.

 

Quels sont les principaux résultats ?

 

Ils sont très nombreux. Je me contenterai d’en mentionner un seul : la pensée historique des jeunes est quelque chose de complexe, qui se comprend mal et se saisit encore moins bien à partir du concept d’ignorance.

 

 

Pourquoi ce livre est-il intéressant ?

 

On sait beaucoup de choses sur le savoir transmis aux jeunes. On en sait beaucoup moins sur le savoir reçu, assimilé réintelligé et réutilisé par eux aux fins de la construction d’un sens qui leur est utile. L’intérêt du présent travail vient de ce qu’il permet d’entrer au cœur du régime des représentations de la jeunesse québécoise touchant le passé de sa société. Il s’agit de l’étude du genre la plus exhaustive qui ait été mené à ce jour au Québec et au Canada.

Pourquoi ce livre est-il pertinent dans le contexte des réformes de l’enseignement de l’histoire proposées par le PQ ?

 

Il est dommage que le gouvernement du PQ ait lancé l’idée d’une réforme du programme Histoire et éducation à la citoyenneté sans étude préalable et sérieuse des vertus et lacunes de ce programme. On affirme beaucoup de choses à propos du déficit de connaissance des jeunes concernant le passé du Québec. À propos de ce qui touche à l’histoire, véritable religion au Québec, les humeurs, on le sait, sont chaudes au point d’être brûlantes. La présente étude amène de l’eau au moulin d’une réflexion qui mérite d’être mieux fondée et plus nuancée sur l’éducation historique de la jeunesse québécoise.

 

Quelle est l’originalité du livre ?

 

L’idée à l’origine du livre est la plus simple, mais aussi la plus porteuse que je n’ai jamais eue. Des recherches s’inspirant de la mienne sont menées en France, en Catalogne, en Suisse, en Suède, en Allemagne, au Canada anglais et en Ontario français. L’originalité du livre tient à ce que, pour sonder les représentations historiques des jeunes, on ne les enferme pas dans les mailles d’un questionnaire établi en considérant leurs réponses selon un criterium normatif ; on leur donne plutôt la parole, qu’on respecte comme elle s’énonce et qu’on analyse comme elle s’affirme. Ce faisant, on découvre ce qu’il reste de ce qui leur est transmis ; on découvre aussi quelles visions d’histoire les jeunes construisent à partir de ce qu’ils entendent à propos du passé. De cette manière, on entre au cœur des représentations qui sont structurantes de l’identité collective qu’ils portent à leur échelle individuelle.    

 

Ce livre s’adresse à quel lectorat ?

 

Aux enseignants, aux professeurs et aux étudiants en enseignement, bien sûr, qui sont directement touchés par le contenu de l’ouvrage. Mais le livre s’adresse aussi à ceux qui s’intéressent à la relation que les jeunes entretiennent avec le passé ; à ceux qui sont préoccupés par la diffusion de l’histoire dans l’espace public ; à ceux qui se soucient de l’éducation historique ; à ceux qui cherchent à savoir si, concernant l’interprétation du passé du Québec, il existe des différences entre les francophones et les anglophones, les garçons et les filles, les jeunes de différents niveaux scolaires, les jeunes et la population en général, les jeunes qui ont suivi le cours Histoire et éducation à la citoyenneté et ceux qui ne l’ont pas suivi. 

 

 

 

Pourquoi avoir choisi cette page couverture ?

 

Outre le fait que la caricature de Garnotte, brillante, colle de près au contenu de l’ouvrage, il s’agit d’un clin d’œil à ceux qui, vite en affaire, considèrent la jeunesse d’aujourd’hui comme étant ignare en matière d’histoire, sans souci de continuité avec les prédécesseurs, désintéressée de ce qui touche au passé et dépolitisée. Non, les jeunes ne savent pas – sauf exception – qui fut le premier premier ministre du Québec. Qu’importe : ils ont leur téléphone intelligent pour trouver la réponse en trois secondes ! Bien que leur esprit ne soit pas encyclopédique, les jeunes n’en sont pas moins habités des visions d’histoire qui, de manière générale, reprennent les thèmes identitaires de leur communauté de référence, qu’il s’agisse de la communauté francophone ou de la communauté anglophone.

 

Jocelyn Létourneau, auteur, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire du Québec contemporain. Le 6 février 2014.

 


Thérèse Casgrain, La gauchiste en collier de perles

 

 

Thérèse Casgrain est une belle marginale que j’ai tenté de vous faire connaître du mieux que les archives et les souvenirs de ceux qui restent et qui l’ont côtoyée me permettent de le faire. Avoir su qu’un jour j’écrirais sur elle, j’aurais dès le milieu des années 1960 noté nos rencontres, nos conversations quand je passais la fin de semaine chez elle ou que nous allions aux courses, à Blue Bonnets, toutes deux chapeautées et gantées, comme il était de convenance à l‘époque.

 

Thérèse naît en 1896, dans l’opulence.  Brillant homme d’affaires, son père est alors presque millionnaire.  Elle aurait voulu aller à l’université mais lui l’envoie plutôt faire ses classes auprès de la nombreuse domesticité au service de la famille : une femme de son rang doit apprendre à gérer la maison …

 

Thérèse ne s’est jamais excusée d’être qui elle était :  une bourgeoise portant le cœur à gauche.  Et qui a investi le reste de ses fonds pour assurer que des candidats du CCF/ – dont elle est la Chef au Québec durant la décennie 1950  avant que ce parti ne devienne le NPD (oui, elle est la première femme chef d’un parti politique) – puissent faire campagne, même si elle savait fort bien qu’ils ne serait pas élus.  Elle non plus d’ailleurs.  Huit fois, elle se présentera; huit fois, elle sera battue.

 

Mais Thérèse est convaincue qu’elle peut infléchir le cours de l’histoire.  Dès 1921, elle fait campagne au fédéral pour son mari malade, puis elle joint les rangs du Comité provincial pour le suffrage féminin.  Au Québec, les femmes n’ont pas encore le droit de voter, encore moins de se présenter.  Pour Thérèse, une classe non représentée devient forcément une classe négligée pour ne pas dire méprisée.  Elle n’aura de cesse que le jour où le gouvernement d’Adélard Godbout accordera le droit de vote et d’éligibilité aux femmes, le 24 avril 1940.

 

Thérèse est d’avant-garde.  En plein milieu de la crise économique, en 1933, elle défend le droit des femmes mariées à travailler.  Et elle réclame un salaire égal pour un travail égal, égal pas seulement en durée, ce qui ne signifierait pas grand chose, mais en quantité et en qualité, écrit-elle.

 

En 1959, sous le gouvernement Duplessis, elle fait campagne pour une instruction publique et obligatoire jusqu’à l’âge de seize ans, pour la formation des maîtres et une juste rémunération pour eux de même que pour un financement adéquat des universités.  Elle parle de la nécessaire disparition des caisses électorales à la base, selon elle, de la corruption qui mine les vieux partis.  Elle voudrait que le gouvernement se dote d’un organisme de planification dont la mission serait de veiller à la conservation des immenses ressources naturelles du Québec - évitant ainsi qu’elles ne servent qu’au bien-être du petit nombre au dépens de la plus grande partie de la population.  Ces sujets seront repris par le gouvernement de Jean Lesage et feront partie du programme menant à la Révolution tranquille.

 

Hors norme, hors cadre, Thérèse n’est jamais à une contradiction près.  Haranguer des syndiqués sur une ligne de piquetage, faire campagne à l’heure de sortie des travailleurs des usines avec son chapeau, ses gants blancs et ses perles tout en chuchotant à des journalistes qu’elle détient des actions de ces compagnies!  Mais ce qui est le plus choquant pour ses anciens compagnons d’arme du CCF, c’est quand elle accepte l’offre de son ami Pierre Trudeau de siéger au Sénat.  Comme chef du CCF, et durant toutes ses années de militance au sein de ce parti, elle a fait campagne pour l’abolition du Sénat.  Qu’elle s’y retrouve, on ne le lui pardonnera pas.  Encore moins d’avoir utilisé cette tribune pour louanger Trudeau d’avoir imposé la Loi des Mesures de Guerre, elle qui fut membre fondateur de la Ligue des droits de l’homme et qui s’était tant battue pour la défense des droits de tout un chacun.

 

Elle ne siégera que neuf mois au Sénat, une législation de 1965 exigeant qu’un sénateur se retire le jour de son soixante-quinzième anniversaire de naissance.  À quelques semaines de là, (juin 1972) elle écrit une longue lettre à son ami Trudeau.  Le texte en est encore tellement d’actualité que je me permets d’en citer un extrait.  Estimant qu’une réforme en profondeur s’impose au plus tôt, elle écrit :

 

(…) le Sénat ne devrait nullement être le couronnement d’une carrière, une récompense partisane ou une pension honorable, mais simplement une nouvelle et dynamique manière de servir son pays.  À l’heure actuelle, il ne peut malheureusement remplir adéquatement ce rôle.  Plusieurs de ses membres sont malades, très âgés (beaucoup plus que moi) ou complètement indifférents aux maux qui affligent la société.  D’autres sont des membres reconnus de ce qu’il est convenu d’appeler « l’establishment ».  Il est normal que ce soient surtout les intérêts de ce milieu qu’ils représentent.  Aujourd’hui le public en est dangereusement conscient.  Ceci expliquerait le peu de respect, la manière désinvolte et même grossière dont on parle souvent des sénateurs. (pp 431,432 de mon livre).

 

Nicolle Forget

Longueuil, ce 8 décembre 2013.


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La surchauffe de nos agendas (Fides, 2013) : enjeux et espoirs

Par Christine Lemaire

Au cours de mes recherches sur le temps et la gestion du temps, j’ai lu cette réflexion d’un gestionnaire que je vous livre de mémoire : « Le monde des affaires et la « science managériale » ont découvert que des employés heureux sont plus productifs. Mais si on avait découvert que ce sont les employés malheureux qui donnent le meilleur rendement, on aurait fait l’impossible pour qu’ils le soient. »

Cette remarque, faite dans les années 1960, est toujours d’actualité en cette ère de néolibéralisme triomphant. L’organisation fera toujours passer ses intérêts avant les nôtres. Si nos intérêts respectifs convergent, il ne s’agit que d’une heureuse coïncidence. En conséquence, les personnes avisées feraient bien de ne pas trop se fier sur l’entreprise pour combler leur besoin de bonheur.

Pourtant, c’est ce que nous faisons chaque jour en « gérant » notre temps. Car la gestion du temps a été développée d’après les principes de base de la gestion dans le monde des affaires : sa planification, son organisation, son utilisation et son contrôle sont régis en fonction des valeurs et des préoccupations de l’organisation.

Les méthodes de gestion du temps ont été élaborées par des auteurs qui évoluent avec plaisir et aisance dans ce monde-là. Ils s’y sentent bien. On en parle souvent comme des battants, des gagnants, des gens performants, énergiques, etc. Ils sont convaincus que leurs méthodes nous rendront plus heureux puisqu’elles sont efficaces pour eux-mêmes.

Pour ma part, j’ai côtoyé toute ma vie des personnes qui vivent mal dans ce temps géré. Des gens qui ne se sentent pas interpelés par l’idée d’en faire toujours plus, d’aller au-delà de leurs limites, de donner leur 110% ou de sortir de leur zone de confort. Ces gens désirent accomplir du bon boulot et profiter de la vie, sans être pour autant paresseux ou médiocres. Ils n’ont simplement pas la même idée de ce qu’est une vie réussie.

Pourtant, les premiers prétendent vouloir enseigner aux seconds l’art d’être heureux.

Quel que soit notre camp, notre temps est notre premier compagnon de vie. Nous avons de la vie tant que nous avons du temps. Notre rapport au temps est donc garant de la qualité de notre vie. Apaiser son rapport au temps, c’est littéralement changer sa vie et son rapport au monde.

Or, aujourd’hui, tout est possible. Tout est possible en même temps et en toutes circonstances. Et ces possibles sont infinis. Cela peut nous donner l’impression de courir sans ne jamais rien atteindre, de perte de sens allant jusqu’à l’absurdité, un sentiment de dispersion et d’impuissance. Le temps est alors sévère, avare et étroit. C’est ce qu’évoque la surchauffe de nos agendas.

Selon Einstein, un problème ne se règle jamais au même niveau où il a été créé. Si on suit sa logique, il faudrait arriver à sortir du cadre temporel mis en place par le monde des affaires. Il faut proposer d’autres images que celui du temps géré comme de l’argent ou comme une ressource à exploiter. Il faut réinventer notre rapport au temps.

Mon espoir est que les images que je propose dans mes deux ouvrages – un temps multiple, généreux et vivant, un temps que l’on peut aborder comme un écosystème, traversé de flux d’énergies, secoué par nos émotions, souvent maltraité, éternel quand on réussit à toucher la beauté du monde, puissant de tous nos temps emmêlés -- que toutes ces images puissent nous amener à favoriser l’épanouissement d’autres valeurs qui mèneront à des comportements plus sains pour nous-mêmes, les autres et notre environnement. Je propose d’observer notre temps pour le comprendre, et co-créer notre vie avec lui. Je propose, enfin, de le soigner et de le respecter afin de le vivre de façon plus harmonieuse.

Il me semble évident qu’une personne pressurisée par son temps n’a aucun respect, aucune bienveillance pour celui des autres. Elle n’en a pas davantage pour son environnement. Quand on s’exploite soi-même du matin jusqu’au soir -- en exploitant son temps au maximum -- on se trouve exactement dans la même logique et le même élan que les exploiteurs de la nature, des peuples qui travaillent à remplir les étagères de nos magasins, des animaux qui se retrouvent sur notre table. Tout est lié et, dois-je le dire, tout est une question de temps.

Ainsi, mon désir de réduire cette surchauffe de nos agendas est, dans un temps que je nomme mosaïque,  ma contribution à la lutte contre la surchauffe de notre climat, mon espoir manifesté en un monde plus juste, réconcilié avec lui-même parce que réconcilié avec son temps.

 

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